L’anthropomorphisme dans les branches II et Va du Roman de Renart

Introduction
Le Roman de Renart est une série de vingt-six branches de diverses longueurs, écrites en octosyllabes par une vingtaine d’auteurs au XIIe et XIIIe siècles et dont le personnage principal est Renart, le goupil. On ne sait que quelques noms des poètes : Pierre de Saint-Cloud, Richard de Lison, le Prêtre de la Croix-en-Brie. Selon L. Sudre, la source principale du Roman de Renart est la littérature orale, mais les analyses de P. Paris et de L. Foulet ont révélé, que les auteurs de cette œuvre étaient des clercs, qui connaissaient très bien la littérature ancienne et celle de l’époque, car les sources de ces œuvres sont surtout des textes latins et « la production française de leur temps ». Les œuvres principales qui ont inspiré les auteurs étaient : tout d’abord, les Isopets, l’Ecbasis captivi, une épopée animale du Xe ou XIe siècle où le moine de St Evre à Toul crée une histoire du veau qui s’est échappé de la ferme et qui est trompé par le loup, mais les animaux de la ferme le délivrent ; le Galus et Vulpes du XIe siècle où le coq échappe au goupil ; la Disciplina clericalis (et la traduction française, le Chastoiement d’un père à son fils), recueil d’exempla de Pierre Alphonse du XIIe siècle où le père raconte des histoires, dont le personnage dans quelques cas est Renart ; l’Ysangrimus de Nivard au milieu du XIIe siècle où les personnages sont nommés pour la première fois comme Reinardus le goupil, Ysengrimus le loup, Balduinus l’âne, Bruno l’ours. De plus, les auteurs ont été influencés par les romans antiques, les fables de Marie de France, les romans arthuriens, courtois et les chansons de geste. Le lecteur aussi devait être intellectuel, connaître la littérature afin de comprendre ce qui se cache sous les personnages de cette œuvre. Donc, le public auquel le Roman de Renart était destiné était l’aristocratie. Le but principal de cette œuvre était de faire rire, d’amuser le lecteur et non de le moraliser. Le Roman de Renart était très populaire à l’époque, la quantité des branches et l’intérêt des poètes de continuer les aventures de Renart le prouvent. Dans les premières branches le goupil est trompeur, mais il reste sympathique, tandis que dans les branches tardives le goupil incarne le Diable.

Les branches II et Va sont les plus anciennes et écrites au cours des années 1174 et 1177 par Pierre de Saint-Cloud. On connaît très peu de la biographie de cet auteur. Selon Bossuat, c’est « un poète dont nous ignorons tous » et « rien dans ses vers n’aurait permis de percer son anonymat ». Mais l’auteur de la branche I qui continue son histoire relève le nom Perrot et celui de la branche XVI ajoute que c’est « Pierres qui de Saint Clost fu nez ». L’originalité de Pierre de Saint-Cloud est la situation des personnages animaux dans le monde humain et féodal où les deux protagonistes Renart et Ysengrin deviennent « des barons ». L’auteur crée la satire des mœurs et des coutumes de la chevalerie et de l’amour, de l’amitié et de la vie conjugale, des institutions et du système juridique, de la piété et de la foi, des œuvres littéraires comme la Chanson de Geste ou le Roman Courtois. La branche II est plutôt une suite de fables, d’histoires amusantes. Selon Flinn, la source de Renart et Chantecler le coq, Renart et la mésange est Ysengrimus, Renart et Tibert le chat est l’invention de l’auteur, la source de Renart et Tiécelin le corbeau est probablement la fable de Marie de France . Renart et la louve est une histoire très importante, car elle relève la cause de la guerre entre Renart et Isengrin. Dans la branche Va on trouve les plaintes d’Isengrin et de Brun à la Cour auprès du roi et le procès juridique de Renart, poursuivi avec des procédures détaillées.
Dans ce travail nous allons analyser le thème de l’anthropomorphisme et nous allons dégager ses caractéristiques et ses effets en présentant le double rôle des personnages d’une manière détaillée : leur comportement, leur apparence physique, leurs traits de caractère, etc. De plus, nous allons faire l’analyse de la parodie de la société et des genres littéraires.

Anthropomorphisme (partiel)

L’anthropomorphisme dans les branche II et Va se révèle par l’humanisation du comportement et de l’apparence des animaux. Pourtant, l’anthropomorphisme n’est que partiel et cela veut dire que l’auteur joue avec la double appartenance des animaux, les décrit leur donnant la fonction et le langage humains, plus précisément, féodaux, mais il rappelle très souvent que ce sont, en fait, des animaux qui agissent. La distance et le jeu permanent entre les qualités humanisées et propres aux animaux, c’est-à-dire, d’une part, l’attribution des traits humains aux animaux, mais, d’autre part, le rappel constant de ceux qui sont propres à eux, sont élaborés avec souci : les références aux organes du corps, aux habitudes, aux habitations, etc., soit de ceux des animaux, soit de ceux du monde humain, sont bien choisies selon la situation afin de créer l’effet le plus comique et d’amuser le lecteur. La distance, selon Bellon, est un moyen d’exprimer la parodie, sans laquelle l’œuvre serait seulement une imitation : l’auteur utilise des expressions, des procédés, des termes qui intègrent les bêtes dans leur rôle humain, mais il les entoure « de termes désintégrateurs qui nous rappellent que les personnages sont en premier lieu des animaux ». Les bêtes sont humanisées dans le cadre physique autant que moral. Dans la branche II, l’auteur reste plus fidèle aux traits physiques et aux habitudes naturelles des animaux que dans la branche Va. L’interférence entre les deux mondes est plus intense et la distance est plus évidente. Dans la branche Va, les animaux sont plus humanisés et plus sérieux, mais, tout de même, la distance reste et crée un effet comique encore plus fort. Le comique de l’œuvre est renforcé par les rapprochements des actions ou des paroles des bêtes de ceux de personnes réelles ou de personnages humains d’autres œuvres littéraires populaires de l’époque : l’auteur permet aux animaux de devenir des chevaliers, des barons ou d’éprouver de l’amour, mais sans oublier jamais que c’est une épopée héroï-comique où ses personnages ne sont que des bêtes et des oiseaux. Nous allons maintenant passer en revue de tous les éléments qui contribuent au comique de l’anthropomorphisme partiel, donc comment l’auteur procède-t-il pour atteindre l’effet voulu.

Les animaux

Apparence et comportement
L’auteur prête assez souvent les organes humains aux bêtes : les pattes deviennent les bras, les mains, les griffes se transforment en ongles, etc. Par exemple, la main droite de Renart avec laquelle il doit faire le serment est un organe humain, car le serment est une action humaine et on le fait avec la main droite. Tibert frappe le goupil par le bras gauche. De plus, les organes du corps sont mentionnés dans les expressions comme, par exemple, la mésange « fet oreille sorde » (II, v. 561) ou Tibert « escrie a pleine boche » (II, v. 802). Pourtant, l’auteur reste le plus souvent fidèle à la description de l’apparence physique et du comportement naturel des animaux et des oiseaux. La plupart des organes du corps des bêtes est propre à eux comme la queue de Renart (le goupil s’enfuit « Si drece la coue en arçon » (II, v. 571) pour que les chiens ne puissent l’attraper), les petites dents pointues, les longues griffes, les moustaches blanchies par l’âge de Tibert, les pattes emplumées, le cou dressé, les ailes de Chantecler ou le bec de Tiécelin.
Nourriture
En ce qui concerne la nourriture, l’auteur garde la nourriture traditionnelle des animaux et des oiseaux, mais il l’humanise en faisant des allusions à sa qualité ou à la méthode de préparation pour amuser le lecteur. En ce qui concerne les boissons, on ne les trouve pas, mais dans l’épisode d’Isengrin avec Hersent on trouve que le loup agit « con s’il fust ivre » (Va, v. 257). Tiécelin trouve le fromage tendre, jaune, parfumé et il veut le manger cuit à l’eau ou rôti. Dans la tanière d’Isengrin Renart mange toute la viande séchée et fraîche. Brun l’ours aime le miel. Dans l’épisode avec Brun l’ours, Renart parle comme un humain : « G’irai avant a la cuisine, S’i orterai ceste jeline, Si la vos aparellerai : Dites quel savor i ferai » (Va, vv. 687-690), de plus, il déclare qu’il n’a jamais mangé de fromage d’une aussi bonne qualité, mais il est le goupil, car il chasse le coq, mange les poules, etc.
Logement
Le logement est aussi contrasté, car, parfois, dans les tanières on trouve une grande salle, la porte y mène, ou bien celle de Renart devient la forteresse, le roi Noble siège dans le palais. Renart rencontre Tibert dans la rue et les pièges sont mis sur tous les carrefours, donc une allusion à l’ordre humain existe dans le bois. En fait, les animaux habitent dans les forêts, parfois ils les quittent pour aller chercher de la nourriture dans le village, mais ils reviennent toujours en cas du danger. Plus précisément, les bêtes vivent dans les tanières (celle de Renart a un nom propre : Malcreux qui devient Malpertuis plus loin) et elle a plusieurs trous pour que le goupil puisse s’échapper plus facilement). Les oiseaux ont des nids comme Tiécelin ou la mésange qui habite sur la branche d’un chêne creux et elle y cache ses œufs. Les arbres sont leurs forteresses, car les bêtes ne peuvent pas les atteindre. Renart est dangereux pour eux sur la terre et non sur la branche d’un arbre. Chantecler vole sur la branche du pommier après avoir fui de la gueule du goupil.
Vêtements
Dans l’épisode avec Renart et la louve, l’auteur ajoute de l’anthropomorphisme et on voit que Hersent ne porte pas sa coiffe. Ce détail est une référence à la coutume humaine. En réalité on voit que la louve se sert de la queue pour cacher « des deus pertuis deerains » (II, v. 1272), le goupil saisit la queue par les dents pour la lever, mais dans la justification de Renart envers Isengrin on aperçoit déjà, que c’était la robe et la culotte que portait Hersent. Dans le songe de Chantecler, la bête porte la pelisse rousse avec une encolure d’os et son ventre était blanc. Ce sont les « symboles » que Pinte a expliqués au coq y reconnaissant les différentes parties du goupil. L’auteur cache le vrai sens du songe en l’habillant en un habit humain. Jodogne fait remarquer également que « les noms de vêtements font partie d’expressions qui signifient s’enfuir : « Renart trosse ses panaux », ou écorcher : « lui reverser sa gonnelle ». Les vêtements naturels des bêtes sont le poil ou les plumes comme c’est le cas de Tiécelin.

Comportement
Les activités physiques sont également très mélangées, car le coq est un petit seigneur de basse-cour qui est sûr de la sécurité de sa forteresse, il doit veiller et protéger ses femmes, mais l’auteur rappelle très souvent au lecteur, qu’en fait, c’est le coq qui se juche sur un tas de fumier, se chauffe au soleil, dort un œil ouvert et l’autre fermé, une patte repliée et l’autre tendue. Pinte est une Dame qui prévoit le danger et court vers la maison, mais elle est respectée, car elle pond les plus grands œufs. Elle se perche à la droite du coq, donc, dans la place accoutumée de la femme. Roenel est un homme juste à qui est confié le serment de Renart, mais Isengrin le trouve se vautrant dans la paille, ce que préfèrent faire les chiens. La manière de chasser de Renart a des éléments humains : en cas d’échec ou d’impossibilité d’atteindre sa proie il utilise la ruse et fait des efforts pour tromper ses victimes. Pourtant, parfois il chasse comme un goupil : sans bruit, tend le cou de tous côtés, s’aplate, se redresse, etc. Pour prouver sa bravoure, Tibert monte au cheval, mais il joue avec sa queue, tourne en rond, etc.
Langage
Un aspect important de l’anthropomorphisme est le langage : tous les animaux et les oiseaux parlent parmi eux et même avec les humains : Renart parle et trompe le moine ; Tiécelin blâme une vielle femme de la mauvaise garde des fromages. Le langage des animaux est plus socialisé que l’apparence ou le comportement. Il est parsemé de termes religieux : les personnages s’adressent très souvent à Dieu, au Christ ou aux Saints. Les phrases féodales illustrent la conception des rapports humains à l’époque : par exemple, Pinte parle comme une femme d’un seigneur : « ce je ci pert mon seignor, A toz jors ai perdu m’onor » (II, vv. 367-368) ; Chantecler parle à la poule comme à la dame ; Renart exprime l’esprit féodal par les mots suivants : « Par cele foi que me devés Et que vos devés mon fillol, … Si faisomes ceste racorde » (II, vv. 556-559)). Les termes chevaleresques sont également importants pour exprimer l’esprit de la chevalerie : par exemple, Tibert jure sa fidélité à Renart par les mots suivants : « je vos plevis que ja nul jor ne vos faudré Et que volontiers asaudré Dans Ysengrin » II, (vv.712-715), Renart loue le chat pour sa bravoure et sa hardiesse, etc. Pour compléter cet image de l’époque, l’auteur ajoute des termes et des phrases courtois : par exemple, Hersent dit à Renart que « Veil je des or que vous m’amez » (II, v. 108), « se me lessiez escondire Par serement ne par joïre » (II, vv. 1196-1197)). L’auteur développe et respecte les formules judiciaires de l’époque : les procédures, les formalités occupent une grande place dans le texte : il faut des témoins tertiaires (« Mes nos avons en cort husé, Quant en se pleint de forfeture Et l’en velt en avoir droiture, Mostrer l’estuet par tierce mein » (Va, vv. 524-527)), il faut écouter la partie adverse (« Nos avons oï la conpleinte : Renart devon le conpleint tendre » (Va, vv. 776-777)), il faut prouver la crime de Renart (« Renars n’est conveincuz encore » (Va, 851)), il faut trouver la relique (« N’i a mes autre chose a fere Fors porcascier le seintuere » (Va, vv. 997-998)). Le langage de Musart le chameau est juridique mais d’une manière différente. Son long discours en jargon italien et latin est peu compréhensible. Le nom même est ridicule, Musart, ce qui veut dire « le temps passé en vain ». Les proverbes rendent le langage encore plus riche : « En un jor ne fist l’en pas Romme » (Va, v. 780) ; « De grant guerre vient grant acorde » (Va, v. 848), etc. Ils sont utilisés de manière plaisante, car, surtout, ce sont les animaux qui les disent.

Traits de caractère
Les animaux possèdent parfois des traits de caractère humains comme le coq qui est fier, majestueux, ignorant, insouciant ; la poule est peureuse, prudente et sage. Cela correspond en quelque sorte aux caractères propres des animaux : le coq marche toujours la tête en haut ou la poule qui a peur de tout et qui s’enfuit. Ces deux personnages symbolisent la confrontation de l’orgueil, du courage et de la sagesse. Comme le remarque Bellon, la poule « apparaît comme appartenant à la lignée des héroïnes réputées pour leur grande sagesse ». En face du danger réel Pinte prévient plusieurs fois Chantecler, mais il reste fier et ne l’écoute pas comme Roland n’écoute pas Olivier dans la Chanson de Roland . Un autre exemple est la ruse de Renart, donc une intelligence humaine, mais qui correspond également au comportement naturel de l’animal : la manière de la chasse, la tanière a plusieurs trous. Brun incarne la naïveté : il suit aveuglement Renart pour goûter du miel, sans réfléchir même au danger. L’ours est un animal grand et lent, donc ce trait de caractère humain lui convient parfaitement. Presque tous les animaux ont un nom propre (sauf la mésange et certains de ceux qui participent au serment solennel de Renart : le rat, la martre, le castor, etc.). Des noms comme Clermont, Olivier, Noble sont des noms humains connus ou qui définissent les traits de caractère humain, mais, d’autre côté, les autres animaux sont nommés selon leurs apparence ou caractère animaliers comme Brun, Pinte , Rapide, etc.
Talents
Les bêtes et les oiseaux ont des talents humains qui sont en quelque sorte des professions. Renart fait des louanges à Chantecler ou Tiécelin pour leur capacité de chanter très bien. La terminologie de la musique est riche, car l’auteur décrit en détail la manière de chanter. Par exemple, le coq chante des chansons, le corbeau des ritournelles (ce mot est utilisé dans la traduction en français moderne). Renart incite les oiseaux à faire leurs meilleurs efforts dans ce domaine leur rappelant leurs pères. Selon lui, Chanteclin était le meilleur chanteur de tous les coqs, on pouvait l’entendre très loin et il chantait « en haut un son » (II, v. 314) avec les yeux fermées. Chantecler ne le veut céder en rien à son père, donc «comença cil hautement » (II, v. 336), « jeta un bret » (II, v. 337) et « let aler sa meloudie » (II, v. 346) fermant les yeux. Rohart, le père de Tiécelin, était, selon Renart, le meilleur chanteur en France. Le corbeau veut également chanter bien et il « comence de rechef a brere » (II, v. 935). Renart prétend qu’il est émerveillé par la voix de Tiécelin. Tout de même, l’auteur ironise ce talent de chanter, qui n’existe que dans les mots de Renart. En fait, les deux personnages ne savent que « brere » et de cette sorte ils ne restent que des oiseaux. Au comble de leurs efforts de chanter Renart les fait revenir à la réalité. Un autre exemple des talents humains est Brichemer qui sait parler comme un bon maître de rhétorique, c’est pourquoi il est nommé le porte-parole du conseil, il résume les débats du conseil devant le roi et déclare la décision prise par les barons. Renart, par exemple, est connaisseur de la médecine. Selon lui, les fromages ne sont pas recommandés pour les blessures, les noix sont nuisibles pour la voix, il sait qu’au cas de la jambe cassée il faut appliquer et étendre des emplâtres.
Emotions
Les animaux et les oiseaux éprouvent et expriment des émotions humaines comme la peur (Chentecler était même pâle après avoir vu la vision dans son songe), la honte (Renart est honteux en face de la louve qui nourrit ses enfants), la tristesse (Renart est triste quand il perd le coq), la haine (Renart haït Tibert), la souffrance (Isengrin se plaint à la Cour en soupirant), les larmes (les louveteaux pleurent après avoir été humiliés par Renart), etc. On trouve très souvent que les bêtes expriment la joie, rient ou sourient. Parfois le rire est une partie de la ruse : Renart rit pour cacher sa tromperie, son rire n’est pas sincère ; parfois il exprime l’ironie : les mots naïfs de Chantecler font sourire Renart ou Noble le lion qui « Si conmence un poi a sozrire » (Va, v. 389) après avoir entendu la plainte d’Isengrin. Après avoir échappé à Renart, Chantecler « li jeta un ris », et, selon Ménard, les poètes utilisaient cette expression pour exprimer le rire éclatant .

Relations familiales
Les bêtes sont des cousins comme Grimbert le blaireau et Renart. Certaines des relations sont en quelque sorte observées dans la nature, car les renards et les blaireaux peuvent partager une tanière pour leur habitation. Les pères sont respectés, ils sont des exemples à suivre pour Tiécelin ou Chantecler, les louveteaux veulent défendre l’honneur de leur maison et de leur père. Les bêtes et les oiseaux sont liés par des relations de parenté : ils forment des familles comme Hersent et Isengrin, Pinte et Chantecler, ils ont des enfants (les louveteaux : Hersent « allaite et dorlote ses petits, donnant le sein à chacun » ; le fils de Mésange). Selon Bellon, l’auteur n’appelle jamais Isengrin « loup », mais l’emploi des termes « les louviaus » ou « la louve » indique qu’il appartient à une famille d’animaux et cela casse « l’intégration du personnage au monde épique ».La vie conjugale des animaux est très humanisée, car, par exemple, Isengrin défend et nourrit bien sa femme, mais quand elle est infidèle, il lui donne des coups de pied et la gronde utilisant des mots grossiers comme « pute chaitive » (Va, v. 258), « Pute vix orde et chaude d’ovre » (Va, v. 259). L’adultère d’Hersent rend Isengrin un cocu. Elle-même, selon Bossuat, peut être comparée aux «amantes légendaires qui peuplent les romans bretons » et plus concrètement à Iseut, car elle veut faire un serment et une épreuve du feu pour prouver son innocence. Dans cette comparaison Isengrin correspond au roi Marc, époux d’Iseut. Même si Isengrin « s’embat es noces » (II, v. 1298) et voit de ses propres yeux l’adultère de sa femme, il la croit et accuse Renart. Des allusions à l’amour courtois sont faites également dans le discours d’Hersent à la Cour du roi : « M’ama Renart et porsivi ; Et je li ai toz jors foï, Onques ne me veil apaier A rien qu’il me vousist proier » (Va, vv. 337-340), donc, ici la louve décrit cette histoire différemment, se mettant dans la situation de la Dame qui est aimé par Renart, mais elle ne l’aime pas et résiste à ses « assiduités ». Tout de même, c’est elle qui provoque Renart, car, selon Bossuat, c’est une « femme capricieuse et sensuelle ». Selon John Flinn, il s’agit d’un thème « scabreux par lequel l’auteur ridiculise ou ridicoculise les belles amours d’Arthur et Guenièvre, de Tristan et Iseut ». Pinte, la femme de Chantecler joue le rôle de l’épouse d’un seigneur féodal, elle donne des conseils à son mari et regrette de perdre son rang en voyant que Renart a enlevé le coq.

Entourage social : société féodale et courtoise

Eléments politiques
Un élément très important de l’anthropomorphisme est la mise des bêtes et des oiseaux dans le cadre social et leur hiérarchisation. Le lion est le roi depuis les fables d’Esope. Dans cette société féodale il est également la tête de la Cour, il doit maintenir l’ordre et la paix dans son royaume et être le juge. Il est assis sur un trône « Si riche conme a roi estuet » (Va, v. 306). Le trône est un symbole très important du pouvoir royal et il distingue le roi des autres à la Cour, par exemple, dans la Chanson de Roland l’empereur Charles a un trône en or pur et le roi des Sarrasins Marsile siège sur un trône couvert d’une étoffe de soie d’Alexandrie . Les rois sont toujours entourés de leurs conseillers et de leurs chevaliers. Ce modèle des institutions et des rangs féodaux est respecté dans le Roman de Renart. Isengrin le loup est le connétable, un rang très haut à la Cour, il est le chef de l’armée. Il a été nommé par le roi grâce à « Que molt ert voizïez et sages, Et si savoit plussors languages » (Va, vv. 295-296). Les animaux qui forment l’assemblée sont les barons et les vassaux qui sont autour du roi, en cercle comme les comtes et les barons de la Table Ronde à la Cour du roi Arthur. A la Cour du roi Noble « N’i a un sol qui noice face » (Va, v. 309) ce qui désigne l’importance de l’événement, la réunion de la séance plénière. Le connétable, la deuxième personne après le roi, présente un problème qui, tout d’abord, personnel, plus tard, devient d’une importance plus étendue, car les autres barons se joignent à lui et se plaignent également du comportement du goupil. Renart ne respecte pas les règles et les lois proclamées dans le royaume, selon Isengrin, il a violé le ban royal « Que ja mariage par mal N’osast en freindre ne brisier » (Va, vv. 320-321) et il l’a déshonoré dans la personne de sa femme. Le discours très fâché d’Isengrin est la réclamation de la justice et de la réparation. Pourtant, l’auteur fait la distance et rappelle que les participant de l’assemblée sont les « Bestes i ot de grant manere, Feibles et fors, de totes guises » (Va, vv. 302-303), « Li plus vaillant, les granor bestes » (Va, v. 500).
L’histoire avec la mésange présente la trêve que Messire Noble, le lion, a proclamée dans son royaume grâce à laquelle « Car or carront par plusors terres Plez et noises et mortex guerres» (II, vv. 499-500). Tout d’abord, l’auteur dit que « la gent menue » (II, v. 498) s’en réjouissent et tous les vassaux (« ses homes » (II, v. 496)) doivent jurer la paix, donc, dans cet épisode, l’intégration des animaux au monde humain est très forte. Pourtant, l’auteur ajoute, que les bêtes seront tranquilles, ce qui fait la distance immédiatement créant l’effet très comique. Renart demande que la mésange l’embrasse pour jurer la paix, mais, en fait, le goupil veut la tromper, donc, ce baiser peut être comparé (comme le remarque Brun) à celui de Judas qui a trahi Jésus en l’embrassant.
Eléments juridiques
La plainte posée officiellement auprès du roi l’oblige de résoudre le problème dans le cadre juridique. Le roi ordonne d’examiner le cas d’Isengrin « Par jugement et par reson Bien en faites prendre conroi » (Va, vv. 442-443), car, selon le droit féodal, le roi ne peut pas prendre les décisions seul, il doit respecter l’opinion de ses conseillers. Notons aussi la présence d’un prêtre à la Cour et son influence dans les débats sur les sujets importants et actuels. A la Cour du roi Noble on trouve également un légat du pape qui est un très bon juriste, venu de Lombardie pour apporter le tribut de Constantinople. Il transmet l’autorité de l’Eglise et rappelle au roi ses obligations dans la perspective chrétienne. Le légat fait des références à « decrez escrite » (Va, v. 458), « la rebrice publicate De matrimoine vïolate » (Va, vv. 459-460) comme les textes juridiques à suivre. En fait, ce personnage est un chameau, un animal exotique.
Au cours de la discussion du conseil, les animaux sont sérieux, leur discours se déroule sur la plainte déposée à la cour. Grimbert le blaireau est nommé comme le messager pour transmettre la décision du conseil à Renart. Le blaireau soutient le côté du goupil, donc on peut faire remarquer ici qu’il ressemble en quelque sorte à Ganelon qui est élu transmettre le message au roi Marsile .
Eléments religieux
La religion est également insérée dans le monde des animaux. Tout d’abord, ils sont baptisés comme le fils de Mésange qui est le filleul de Renart, ils sont les commères et les compères les uns pour les autres. Ensuite, ils sont toujours prêts de jurer un serment solennel comme Hersent ou Renart. Le dernier doit faire le serment au nom de Dieu en face de la relique, la dent de Roenel. Le serment doit se passer dimanche matin après la messe. Le jugement de Dieu était une procédure juridique et religieux à l’époque, car c’était Dieu qui devait décider qui est coupable : si le serment était malhonnête celui qui fait le serment pouvait obtenir la punition divine. Ici la relique du chien-juge est fausse, car le chien n’est pas en fait mort. Renart n’a pas peur de la punition divine, mais il craint les chiens. Isengrin accepte la tromperie proposée par Roenel, donc il ne croit ni à la justice rendue par les serments, ni aux reliques. Le chien, lui-même dit que « Asés aurez En ceste vile seinz et seintes » (Va, v. 1001). La dent de Roenel comme relique peut être comparée à la relique de la dent du Christ, possédée par les moines de Soissons, (cf. la Traité des reliques de Guibert de Nogent). Cet épisode illustre les doutes de Pierre de Saint-Cloud concernant la sincérité des serments et de l’authenticité des reliques à l’époque.

Eléments épiques
A part la satire de la société, on trouve aussi des allusions parodiques aux genres littéraires : romans courtois et chansons de geste. On a déjà relevé la parodie de l’amour courtois dans une partie, destinée aux relations familiales, et on en trouve d’autres exemples : Noble ne veut pas condamner Renart pour une histoire d’amour, etc. On va consacrer maintenant quelques mots aux éléments épiques. Dans l’œuvre les animaux jouent également le rôle de chevaliers. L’œuvre commence par la présentation du sujet qui est très pareille à celle des Chansons de geste : la confrontation de deux héros Renart et Isengrin qui sont en guerre « Qui moult dura et moult fu dure » (II, v. 13). Tout de même, la guerre entre Renart et Isengrin n’est que le conflit entre deux barons féodaux, deux vassaux du roi, donc il s’agit ici de la guerre privée. L’auteur annonce qu’il va révéler « le conmencement Et de la noise et du content, Par quoi et por quel mesestance Fu entr’eus deus la desfiance » (II, vv. 19-22). Pourtant, tout de suite après, on apprend les vraies intentions de l’auteur : les deux barons qui sont en conflit ne sont que le goupil et le loup. Selon Bellon, « la qualification première de l’un des protagonistes, ce n’est point la force, la vaillance ou la prouesse, mais la ruse instinctive et permanente ». Pierre de Saint-Cloud ne développe plus le sujet de la guerre (sauf dans un épisode avec Tibert le chat où Renart rappelle son conflit avec Isengrin) jusqu’à la fin de la branche II où on trouve enfin son origine, l’adultère d’Hersent avec Renart.
Le songe prémonitoire de Chantecler est également un élément des Chansons de geste où Dieu envoie les symboles à travers les rêves qui ont une signification et il faut l’expliquer. La description de l’épisode a des rapprochements avec celle de Charlemagne, qui rêve le songe prémonitoire où la traîtrise de Ganelon est prévue. Ce songe se passe en deux étapes, les visions sont très fortes, mais le roi dort profondément et ne se réveille pas. L’auteur introduit encore un élément qui renforce la présentation comique du songe prémonitoire : il suppose que le lecteur ne va pas croire que le coq rêve, donc il insiste ironiquement sur l’authenticité du fait : « ce est la voire, Trover le poëz en l’estoire » (II, vv. 133-134). Dans son songe Chantecler voyait une chose qui « un ros peliçon » (II, v. 140) ce qui est la référence directe au goupil, « Dont les goles estoient d’os, si li metoit par force el dos » (II, vv. 141-142), et, selon Bellon, cela tourne à la parodie « puisque l’animal entrevu dans le songe n’est porteur d’aucune « senefiance ». Le rêve faisait peur au coq, mais Chantecler était tellement intrigué par ce qu’il y voyait, qu’il continuait de le songer. C’est seulement dans la deuxième étape du songe qu’il s’éveille tout angoissé. Selon Braet, dans les épopées, après le songe prémonitoire, les personnages s’adressent au Christ ou à la Vierge . Chantecler dit la prière après s’être réveillé et s’adresse au Saint Esprit, mais, comme ajoute Bellon, l’auteur emploie les « termes «désintégrateurs » qui ramènent le récit dans la monde animal » : il court vers les poules sous les aubépines, et cela signifie que c’est, en fait, le coq qui dit la prière. De plus, les héros éprouvent la nécessité de raconter leur rêve et de demander l’interprétation. Chantecler demande à sa femme Pinte, dans laquelle il a confiance, et qui est la plus sage de toutes les poules, de lui expliquer son songe, mais il refuse de croire à ces mots. Dans cette situation le coq est comme un héro épique Renaut Montauban qui refuse de croire l’explication de son songe et reste aveugle en face du danger réel et la poule comme son épouse Clarisse qui supplie son mari d’y faire attention . On revient vers le monde animal au moment où le coq est capturé par son ennemi naturel, le goupil.
Encore un élément épique est la fidélité entre les chevaliers. Le goupil raconte à Tibert, qu’il est en guerre avec Isengrin et il a « retenu meint soudoier » (II, v. 703). Renart demande le chat de le joindre et Tibert jure la fidélité. Selon Paul Wackers, dans les Chansons de geste les chevaliers juraient très souvent la fidélité d’assistance l’un à l’autre, mais le comique de cette épisode est qu’ici les deux animaux ont de mauvaises intentions, ils détestent l’un l’autre et leur alliance est fausse . Pourtant, les chevaliers se révèlent comme des animaux par leur comportement naturel : Tibert multiplie les gambades, en sautant regarde autour lui, etc. Le chat et le goupil évitent la querelle et Renart ne veut pas engager le combat. Cela peut être expliqué en comparant l’apparence de deux animaux : leur taille est pareille et leurs forces sont à-peu-près égales.
Les poursuites des animaux par les chiens sont décrites plusieurs fois dans le texte. Par exemple, dans le premier épisode avec Chantecler le coq, le paysan appelle son mâtin Malvoisin et encore quatre chiens, qui doivent poursuivre Renart, mais le goupil échappe aux mâtins sans aucune difficulté. Dans l’épisode avec la mésange, la description de la fuite est beaucoup plus développée et dramatisée, Renart devient un objet de la chasse et doit surpasser plusieurs dangers (ex. tromper le moine) afin de pouvoir s’enfuir. Pour la première fois le goupil « molt esperone son cheval » (II, v. 645) et « S’en vet fuiant tot une plegne » (II, v. 647). Selon Jodogne, « ce qui est insupportable, c’est l’emploi de cheval là où il n’en est point ». Le cheval n’est pas un personnage comme les autres, il apparaît au moment de la fuite et disparaît tout de suite après. Il est plutôt le moyen de décrire la rapidité de Renart. Le rôle des chevaux comme l’affirme Bianciotto, « se borne à l’illustration métaphorique d’une longue course ou d’une fuite rapide ». Cela veut dire que l’auteur introduit le cheval juste pour accentuer les efforts de Renart de courir le plus vite possible. La poursuite dans cet épisode finit quand les chiens perdent les traces du goupil. L’auteur met également Tibert au cheval quand Renart lui demande de montrer comment son cheval, qui «est molt isnaus ». (II, v. 736), sait courir. Tout de même, le cheval de Tibert court sur le ventre, comme le font les chats lorsqu’ils attaquent. Le chat pousse Renart et celui tombe au piège. Le cheval disparaît aussi vite qu’il a apparu, le goupil redevient un animal poursuivi par les chiens. Dans l’épisode avec Brun, la poursuite de l’ours se fait de manière différente, car les chiens atteignent l’animal et une cruelle bataille a lieu, les mâtins l’attaquaient, « Et les sajetes barbelees … granz et lees » (Va, vv. 709-710) tombaient autour de lui (les chiens se servent d’armes employées par les humains). Les paysans participent également à la bataille : « Si cornent li vilein et huient » (Va, v. 697). Brun se défendait seul contre cette foule. L’auteur revient au thème du cheval, car Renart dit à Brun « Se trenchanz esperons avez O bon cheval por tost aler » (Va, vv. 680-681). Finalement, l’ours s’enfuit vers le bois, ce qui rappelle au lecteur, que ce n’est que l’ours chassé par les paysans et leurs mâtins. Dans cette histoire épique, racontée par Brun, on trouve quand même plusieurs éléments, qui révèlent la véritable nature de l’héros : les mots de l’ours « onc ne fu veüe beste Qui de chens feïst tel tempeste » (Va, v. 706) ; les mâtins sont toujours appelés les chiens ; la participation des « vilein ». La dernière fuite est évoquée vers la fin de la branche Va, après avoir aperçu la tromperie, que Roenel a organisée, Renart voit que la seule solution de sortir de cette situation, c’est de s’enfuir. Cette fois-ci tous les chiens participant à la poursuite sont présentés. Ils ont tous des noms, mais ils ont aussi des maîtres : Roenel qui court en arrière d’une troupe des chiens, aux yeux des bêtes est « En li a bon home et vrai » (Va, v. 877), mais il est le mâtin de Frobert de la Fontaine. Selon Bellon, l’énumération des chiens contient des formules épiques, les verbes, les expressions ou les noms des grands héros épiques qui les haussent « au rang de chevaliers à la poursuite des sarrasins ». Tout de même, l’auteur ajoute des détails qui contrastent avec le ton épique de l’œuvre, et revient très souvent vers sa vraie intention d’amuser le lecteur : il crée des noms propres pour une partie des chiens qui précisent les qualités animales et à la fin, indique que « Tant ont li chien Renart pelé Et desachié et detiré Que en bien plus de treize leus Li est apalissanz li jeus » (II, vv. 1265-1268) ce qui fait revenir tout de suite les héros épiques vers le monde animal.

Conclusion
En conclusion, on peut constater que Pierre de Saint-Cloud dans les branches II et Va du Roman de Renart nous présente la société féodale et les œuvres littéraires de l’époque dans la trame comique de l’épopée animale. Il les parodie en mettant en scène des animaux qui agissent comme des humains, suivent les coutumes et les lois de l’époque, mais qui gardent leurs caractéristiques animales. Les bêtes et les oiseaux deviennent des héros épiques et courtois de temps en temps, mais l’auteur leur fait toujours reprendre leur vraie nature. L’anthropomorphisme partiel est la caractéristique principale de l’œuvre qui aide à créer l’effet comique en mélangeant systématiquement le monde animal et humain : l’apparence, le comportement, les habitudes, les instincts, etc. L’anthropomorphisme évolue à travers les deux branches et devient plus fort dans la branche Va par rapport à la branche II. Dans la branche Va l’auteur revient assez rarement vers les aspects animaliers des personnages et cela renforce encore l’effet de l’inattendu.

Bibliographie

Bellon, Roger, « La Parodie épique dans les premières branches de Roman de Renart » dans Épopée animale, fable, fabliau : actes du IVe colloque de la Société internationale Renardienne, Evreux, 7-11 septembre 1981, ed. par Gabriel Bianciotto, Michel Salvat, Paris: Presses universitaires de France.
Bianciotto, Gabriel, « Renart et son cheval » dans Mélanges de philologie et de littérature romanes, éd. Félix Lecoy, Genève : Droz, 1988.
Bossuat, Robert, Le Roman de Renart, Paris : Hatier-Boivin, 1957.
Braet, Herman, Le songe dans la chanson de geste au XIIe s., Gent: Romanica Gaudensia, 1975.
Flinn, John, Le Roman de Renart dans la littérature française et dans les littératures étrangères au Moyen Age, Toronto, 1963.
Foulet, Lucien, Le Roman de Renard. Paris: Champion, 1914.
Jodogne, Omer, « L’anthropomorphisme croissant dans le Roman de Renart » dans Aspects of the medieval animal epic : proceedings of the international conference, Louvain, May 15-17, 1972, ed. by E. Rombauts and A. Welkenhuysen, Leuven : University Press, 1975.
La Chanson de Roland, éd. Pierre Jonin, Paris : Gallimard, 1979.
Ménard, Philippe, Le rire et le sourire dans le roman courtois en France au Moyen Age (1150-1250), Genève: Librairie Droz, 1969.
Wackers, Paul, « Medieval French and Dutch Renardian Epics: Between literature and society » dans Reynard the Fox: social engagement and cultural methamorphosis in the Beast Epic from the Middle Ages to the Present, éd. K. Varty, New York: Berghahn, 2000.

6 thoughts on “L’anthropomorphisme dans les branches II et Va du Roman de Renart”

  1. ce grand texte du roman de renart ma permi de rendre un expose sur brun l’ ours .

  2. serait-il possible d’avoir une petite introduction pour le chapitre : renart et la mésange s’il vous plait ???

  3. tout sa c’est bien … mais … pour les enfants du collège c’est beaucoup plus compliquer a comprendre ! … un résumer plus simple serait bien pour leur age !^^

  4. sinon une histoire sur les roman de ronart du genre : Renart et les anguilles … vous pourrez en faire une introduction … merci beaucoup ^^
    signer -A

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