Le jansénisme

Résumé de l’article de Tournand Introduction à la vie littéraire du 17e siècle

1. La faute originelle et la corruption de la nature humaine

L’élément caractéristique qui indique la différence entre les penseurs chrétiens et les humanistes est que les penseurs chrétiens remarquent l’interruption de continuité entre l’amour-propre et l’amour de Dieu. Il n’y a pas d’association entre ces deux amours cat tout ce qu’on attache à l’amour-propre s’oppose à l’amour de Dieu. Les gens n’ont plus la nature humaine telle qu’ils avaient avant le premier péché. Avant le premier péché tous les deux amours s’accordaient et il y avait ces deux amours en homme car son amour-propre était destiné pour l’amour de Dieu. Au moment où l’homme a cessé d’aimer lui-même pour Dieu, Dieu l’a quitté et l’homme a perdu ce deuxième amour (l’amour de Dieu). C’était la naissance de l’amour-propre. L’homme a commencé de s’aimer de l’amour infini, sa nature et comme le contraire à l’équilibre précédent ; il l’a fait peine de contradictions : l’homme est constamment malheureux car il est obligé d’aimer celui qui est rempli de défauts et il lui est très difficile d’accepter cette vérité. C’est pourquoi il essaye de cacher son insuffisance. En plus, c’est la rupture de deux mondes : le monde organisé par Dieu et conduit par la charité et celui organisé par Dieu et conduit par la charité et celui organisé par l’homme et conduit par l’amour-propre qui l’empêche de se guérir. Selon Pascal, l’homme « veut être grand » mais il ne peut pas le choisir, cela n’est  que sa destinée.

2. La condamnation du monde

Cette rupture permet de faire la conclusion que le monde est condamné et pour nier cela l’homme s’est créé le monde imaginaire, basé sur les illusions. Le divertissement est comme le seul moyen d’échapper à soi-même, à son insuffisance. En oubliant la vérité l’homme crée plus de possibilités de se mentir et de lui faire mentir les autres.  Les rois alors ne sont pas une exception. Ils se distraient pour oublier leur nature humaine : leur noblesse n’est pas capable de les rendre heureux et le seul bonheur pour eux est la possibilité de divertissement.

L’honnêteté est le symbole du modèle mondain et, selon Pascal, elle ne devrait pas être pareille à la charité qui n’appartient qu’à l’amour de Dieu (sinon cela serait la parodie de l’amour de Dieu). L’homme a la nécessité de motiver ce sentiment qu’il éprouve (l’amour-propre), mais c’est impossible car il le cache et dissimule. Les jansénistes trouvent que c’est la raison principale de l’honnêteté. L’amour-propre a besoin d’être semblable à la charité car c’est la seule méthode de réussir.

L’amour-propre se laisse attraper par la tromperie : nous mentons aux autres en masquant notre amour-propre. Tout cela est très loin de la charité qui demande le renoncement à l’amour de soi mais celle-ci veut devenir comme un élément complémentaire de la charité. Selon Pascal, l’homme a deux caractères : il est abusif avec soi-même car il veut devenir toujours l’axe de tout et il est fâcheux contre les autres car il veut les dominer : « car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres ». Pascal critique le divertissement qui trompe et cache la vérité et qui permet l’épanouissement de l’amour-propre.

Le divertissement est la cause de l’aveuglement de l’homme et, en plus, il fait partie du désir, le don de Satan. L’homme est mené par l’amour-propre vers les trois promesses : l’indépendance, le savoir et la possession, le plaisir. Il a obtenu l’indépendance et il cherche à satisfaire ces désirs et c’est pourquoi il essaye d’éviter la vérité sur lui-même et de chercher constamment ce dont il a besoin.  Le rejet de la vérité empêche d’acquérir la satisfaction et l’amour que l’homme éprouvait pour Dieu avant le péché. C’est pourquoi l’homme essaye d’imaginer tout ce qui pourrait louanger son avidité.  Son amour-propre, qu’il éprouve pour les autres, est basée sur la maîtrise de soi sans aucuns désirs. Le divertissement nous envoie vers les avantages qui nous semblent être pouvoir capables de remettre en accord nous-mêmes. L’homme n’a pas le pouvoir d’aimer et d’être celui qu’il aime en même temps et seulement Dieu a ce pouvoir car il est infini. L’homme, au contraire, est une créature finie et pendant toute sa vie il cherche à expliquer sa nature et cette poursuite finit avec sa mort. Cette recherche sans arrêt nous empêche de nous contempler et de nous détester nous-mêmes. En effet, il y a deux recherches en nous : la recherche de soi et la recherche de l’évasion de soi. Nous espérons nous trouver tels que nous voulons mais cela est impossible car nous ne pouvons pas limiter nos désirs.

La recherche elle-même est le divertissement car pour trouver la vérité nous pratiquons toutes sortes d’activités mais nous ne la cherchons jamais là où elle est vraiment : dans sa bassesse et son inpuissance.

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