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Lire le texte poétique

Un poème n’est pas seulement l’ensemble de voyelles et de consonnes mais plutôt une oeuvre qui contient des mots propres à la langue dans laquelle elle est écrite, des mots liés selon les règles de cette langue : règles de lexique, d’orthographe, de morphologie, de syntaxe, d’orthographe. Il contient le rythme et l’harmonie qui ont autant d’importance que le contenu, les éléments proprement culturels. Tout d’abord il faudrait poser la question – qu’est-ce que c’est que lire un texte littéraire ? La lecture des textes littéraires n’est pas passive, elle demande une réaction affective, intellectuelle et créatrice de la part du lecteur. Chacun lit et réagit de sa manière. Le texte journalistique n’exige pas une lecture très attentive : on le lit, on ne le mémorise pas, on en dégage quelques renseignements qui nous intéressent pour le moment et enfin on l’oublie. Selon Francine Cicurel, le texte littéraire, au contraire, on « l’engrange dans la mémoire » plus facilement car il fait appel à l’expérience du lecteur , c’est un texte dont on dérive un certain plaisir ( plaisir de lire, selon Barthes) qui stimule l’imagination et l’affectivité. C’est un texte que chacun peut interpréter à sa manière, y retrouver son sens autrement. Interprétation et expression. Le texte littéraire est polysémique – c’est-à-dire tandis que le texte non littéraire a un seul sens, la lecture des textes littéraires doit être plurielle. C’est à cause de cette polysémie que le lecteur ne lit jamais un texte de la même façon, chaque fois sa lecture est différente. Dans un texte poétique on cherche une émotion et une sensation et non seulement le sens, c’est-à-dire les sentiments que le poète éprouve, aussi les émotions et les sensations que provoquent les souvenirs et lesquels il veut exprimer au moyen du language. Donc, en enseignant la poésie il faudrait faire attention à la polysémie des mots qui permet des interprétations tout-à-fait différentes . De plus, selon Henri Besse , « c’est la phase la plus importante de l’exercice : la présentation du poème, son observation et son analyse sont destinées à la (interprétation) préparer » . Il est très difficile de dire ce qu’en effet voulait dire le poète, alors, au niveau des études secondaires dans une classe de langue étrangère, l’interprétation du poème – c’est ce que le poème dit à l’élève, quelles associations et sentiments le poème évoque en lui. Tout de même, la compréhension individuelle du poème s’affronte parfois au manque de connaissances de la langue étrangère chez l’apprenant, d’où la nécéssité des discussions clarifications qui guident les élèves pendant la lecture du poème. Le rôle du professeur est difficile car les apprenants restent très souvent silencieux, il peut « poser des questions, préciser, corriger certains points de grammaire ou de sens » . Si le professeur donne son interprétation, cela n’encourage pas les apprenants à réfléchir, recréer le poème, l’interpréter, découvrir (profiter de) la polysémie du texte poétique. Alors, le professeur doit être très attentif à ne pas décourager l’analyse du poème par l’apprenant. De plus, la lecture de la poésie stimule la créativité du lecteur, et pour cette raison mène directement vers l’écriture. Dans un texte littéraire le lecteur trouve une expérience pareille à la sienne et il voudra tenter à l’exprimer. Selon Valéry, la fonction du poète est de créer un « état poétique » chez le lecteur, le changer en « inspiré » – en poète. Les éléments du poème. Tout d’abord il y a deux aspects qui définissent le poème, le visible (la forme du poème, le vers, le mètre, la rime, le rythme – la prosodie) et l’invisible (le sens, les émotions, la vision). Autrement dit, dans le poème on peut trouver d’un côté des relations syntaxiques, phonétiques, etc., de l’autre côté – les événements, les sentiments exprimés dans le poème. Dans la classe, il faudrait s’appuyer sur la composante intelligible (ce sont les éléments visibles du poème) et la composante sensible (ce qui n’est pas visible dans le poème, par exemple, les sentiments qu’on éprouve en lisant le poème) afin de donner la possibilité aux élèves de trouver les réponses à toute une gamme de sujets inconnus . C’est à cause de la spécifité d’un texte poétique qu’on ne devrait pas demander aux étudiants de lire des poèmes, sans préparation, sans exercices. On en a bien tenu compte en écrivant les exercices de ce « manuel ».