Simone de Beauvoir: Le deuxième sexe (résumé de l’introduction)

Le féminisme, c’est un thème auquel on revient assez souvent même si on évite de toucher ce sujet, devenu déjà agaçant. Ce qui reste toujours problématique, c’est la définition des femmes: qu’est-ce que c’est qu’une femme? Toutes les femmes diffèrent des hommes elles ont un utérus. Tout de même, certaines femmes ne sont pas définies comme toutes les autres. Il y a deux sexes dans le monde, les femmes n’y sont pas du tout la minorité, il y a un équilibre entre les deux sexes mais on déclare que la féminité est en danger car une femelle humaine n’est pas forcément une femme. Autrefois, on créait des concepts pour indiquer comment doit être la femme. Aujourd’hui, l’idée de caractériser une femme de telle manière que les Juifs ou les Noirs est rejetée. Les philosophes du nominalisme déclarent que les femmes sont une partie des êtres humains et elles ne sont appelées “femmes” que d’une manière conventionnelle. Selon Dorothy Parker, les hommes autant que les femmes doivent être estimés comme des êtres humains. Et pourtant, les femmes ne sont pas des hommes. Si on rejette le concept féminin, cela ne veut pas dire qu’on rejette la présence des femmes. Enfin, les femmes qui se disent être égales des hommes n’exigent pas moins de respect masculin. Les femmes diffèrent des hommes par de nombreux caractéristiques: les vêtements, le visage, le corps, etc. Peut-être que ces différences cont disparaître plus tard mais pour le moment elles sont bien évidentes.

Si la femelle n’est pas nécessairement une femme, o, repose la question: comment est la femme? Les hommes n’écrivent pas de livres sur la position des hommes dans la société et ils n’annoncent pas, tout d’abord, qu’ils appartiennent au sexe masculine. Ce sentiment est naturel chez eux. Si on prend les deux pôles, les hommes occupent la position du positif et du neutre; le mot “les hommes” contient en soi tous les êtres humains. Tandis que les femmes sont le négatif car on fixe toujours des limites en la définissant. Un homme a raison parce qu’il est un homme. C’est la femme qui a tort. Le type humain masculin est un type absolu. La femme a ses caractéristiques qui lui sont propres: des ovaires, un utérus qui, selon les hommes, alourdissent le corps de la femme. L’homme a aussi des caractéristiques propres a lui: des hormones et des testicules mais, selon lui, son corps est un rapport directeavec le monde, lequel il comprend en toute objectivité. Aristote écrivait que la femme “manque de qualités” et Saint Thomas a décidé que la femme n’est que “homme manqué” (dans une histoire biblique Eve est créée d’un os d’Adam). L’humanité est masculine et la femme est définie par l’homme: la femme n’est pas autonome, elle se voit par rapport à l’homme. En l’appelant “le sexe”, l’homme la considère vraiment comme un être sexué. La femme est définie par l’homme mais l’homme n’est pas défini par la femme, car l’homme est l’Absolu (l’essentiel) et la femme est l’Autre (inessentiel). On trouve cette existance simultanée du Même et de l’Autre dans les mythologies antiques, mais à cette époque-là cette division n’était pas appliquée aux sexes. Il existe beaucoup d’exemples dans la vie qui indiquent ce phénomène de l’Autre: tous ceux qui n’appartiennent à notre entourage sont des Autres (les Juifs pour les antisémites, les Noirs pour les racistes américains, etc.) Selon Lévi-Strauss, l’homme, en passant vers “la Culture” s’est toujours vu par opposition à la femme et c’est la cause principale qui a mené les relations hommes-femmes vers la situation aujourd’hui. On pourrait éviter telle situation en basant un “mitsein” sur la solidarité. Tout individu se définit en s’opposant: il se voit l’essentiel et l’autre devient automatiquement inessentiel. L’Autre est défini comme l’Autre par l’Un et l’Un se définit comme l’Un lui-même. Pour que la transformation ne se produise pas, il faut que l’Autre obéisse à être considéré comme un étranger. Pourquoi les femmes obéissent aux hommes? Il y a assez d’exemples dans l’histoire quand une catégorie arrive à dominer une autre. Cela peut se produire à cause de l’inégalité numérique. Pourtant, les femmes ne sont pas une minorité, il y a un équilibre entre les deux sexes. La deuxième cause a été un événement historique, comme l’esclavage en Amérique, les conquêtes coloniales et les autres, qui ont soumis le plus faible sous l’autorité du plus fort. Mais il existe une période d'”avant” dans ces cas-là, c’est-à-dire, qu’avant, les Noirs et les habitants des colonies avaient leur propre culture et traditions. Les femmes sont plus proches d’exemple des prolétaires, qui ne sont pas la minorité non plus, et, de plus, ils n’ont jamais habité dans une collectivité séparée. Tout de même, l’existence des prolétaires a été provoquée par l’évolution historique, et les femmes ont toujours existé, donc, leur dépendance des hommes n’a pas été provoquée par un événement historique. C’est une condition naturelle qui provoque le changement. En étant l’inessentiel, la femme ne peut pas devenir l’essentiel sans produire elle-même le renversement. Les prolétaires, les Noirs se prononcent en disant “nous”, les femmes ne disent pas “nous”, les hommes les appellent ” les femmes” et elles adoptent ce terme pour ce nommer sans se définir comme Sujet. Les Noirs, les Indochinois se révèlent, font des révolutions, autant que la manifestation des femmes n’est que symbolique: elles ont reçu ce que les hommes leur ont accordé. C’est parce qu’elles ne peuvent pas se rassambler en une unité, elles sont dispersées parmi les hommes et elles sont plus rattachées à leurs maris ou pères qu’aux autres femmes. Les prolétaires, le Juifs et les Noirs peuvent se permettre à rêver de la destruction de ces adversaires, les femmes, au contraire, même en rêvant ne peuvent pas supprimer les hommes: la division des sexes est un phénomène biologique et pas un événement historique.

One thought on “Simone de Beauvoir: Le deuxième sexe (résumé de l’introduction)”

  1. L’eternel debat sur le feminisme je vais sans doute lire le livre.

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